À chaque fois que l’arrêt Blanco – et ses circonstances tragiques – était évoqué pendant mes cours et TD de droit administratif quand j’étais en deuxième année d’études, je ne pouvais pas m’empêcher de me demander ce qu’était devenue Agnès Blanco ensuite. J’avais longuement cherché sur internet, mais sans succès.
Je me dois aujourd’hui de partager un article absolument remarquable du professeur Frédéric Rolin, publié dans la Revue française de droit administratif (Dalloz) en 2021, qui répond exactement à ces questions. Celui-ci a réalisé un ambitieux travail de recherche, allant jusqu’à contacter des descendants de la famille Blanco pour confirmer ses informations.
Voici quelques informations choisies, qui ne sauraient remplacer la lecture de cet article (qui est une véritable mine d’or) :
- Agnès Blanco s’appelait en réalité Ignacia Jeanne Blanco ; elle est née à Bordeaux le 28 mai 1866 de deux émigrés espagnols.
- Elle subit son accident en revenant de « l’école des sœurs », au cours duquel elle perd une jambe.
- Les juges lui accordent une rente viagère annuelle de 500 francs, que le professeur Rolin estime « généreuse [puisque c’est beaucoup d’argent] mais injuste [puisqu’il s’agit simplement de l’indemnité correspondant à l’indemnité qui aurait été la sienne en qualité d’ouvrière non qualifiée si elle avait pu travailler] ».
- Elle se marie en 1886 avec un espagnol, en signant son acte de mariage « Agnès Blanco ».
- Son acte de mariage indique qu’elle est « tailleuse d’habit », puis « tailleuse de robes ».
- Elle a 2 enfants ; son fils devient serrurier et sa fille se marie avec le fils d’un marchant français.
- Elle meurt en juin 1959, âgée de 94 ans !
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